Fiscalité

Impôt sur le gain immobilier en Valais

Valais : taux de 12 %, 18 % et 24 %, hausse avant 5 ans, réduction de 4 % par an dès la 6e année, 1 à 3 % après 25 ans, remploi : ce que paie le vendeur.

Par la rédaction Vendu MalinPublié le 04.11.20266 min de lecture

En bref : en Valais, le gain réalisé en vendant un immeuble de votre fortune privée est soumis à un impôt cantonal spécial, dû par le vendeur. Le barème de base compte trois tranches (12 %, 18 % et 24 % selon le montant du gain), plus élevées si vous vendez dans les cinq ans, réduites de 4 % par année entière dès la sixième année de propriété et ramenées à 1 %, 2 % et 3 % au-delà de 25 ans. Les règles figurent aux articles 44 à 52 de la loi fiscale valaisanne.

Qui est concerné par l’impôt sur les gains immobiliers en Valais ?

La loi fiscale valaisanne (LF) soumet à l’impôt les gains réalisés lors de l’aliénation de tout ou partie d’un immeuble de la fortune privée, ainsi que d’un immeuble agricole ou sylvicole (art. 44). Toute aliénation qui transfère la propriété est imposable (art. 45 al. 1). Sont assimilées à une vente certaines opérations, comme la cession d’actions d’une société immobilière ou le transfert de l’immeuble dans la fortune commerciale (art. 45 al. 2).

L’impôt est dû par l’aliénateur, c’est-à-dire le vendeur (art. 47 al. 1). Selon la documentation de l’Administration fédérale des contributions, le Valais applique le système dualiste : les gains sur les immeubles de la fortune privée relèvent de cet impôt spécial, tandis que ceux de la fortune commerciale sont ajoutés au revenu ou au bénéfice ordinaire. Si vous vendez votre maison ou votre appartement en tant que particulier, c’est donc l’impôt sur les gains immobiliers qui s’applique.

Comment le gain imposable est-il calculé ?

Le gain imposable correspond à la différence entre le produit de l’aliénation et les dépenses d’investissement, c’est-à-dire le prix d’acquisition augmenté des impenses (art. 48 al. 1). En pratique :

Gain imposable = prix de vente – (prix d’acquisition + impenses admises)

Le prix d’acquisition

Le prix d’acquisition comprend les prestations mises à la charge de l’acquéreur lors de votre achat (art. 50). Pour les biens détenus depuis très longtemps, la loi prévoit qu’on retient, à défaut, la valeur vénale au moment de l’acquisition ou la taxe cadastrale au 1er janvier 1977.

Les impenses déductibles

L’article 51 al. 1 énumère les impenses admises : les frais de construction et d’amélioration durable, les contributions de plus-value, les frais d’acquisition ou d’aliénation de l’immeuble, et la taxe sur la plus-value prélevée en matière d’aménagement du territoire. L’AFC relève aussi que le Valais admet la déduction des frais d’établissement de gages immobiliers.

La distinction clé reste celle entre amélioration durable et entretien : un agrandissement, une isolation complète ou un nouveau système de chauffage plus performant augmentent la valeur du bien ; repeindre ou remplacer à l’identique relève de l’entretien. Pour chaque poste, gardez la facture et la preuve de paiement.

Les taux de l’impôt valaisan

Le Valais n’applique pas un taux unique selon la durée, comme Genève, mais un barème par tranches de gain, corrigé ensuite selon la durée de possession (art. 52 al. 1).

Tranche de gainTaux de baseAu-delà de 25 ans de propriété
Jusqu’à CHF 50’00012 %1 %
De CHF 50’001 à CHF 100’00018 %2 %
Dès CHF 100’00124 %3 %

Après six ans : une réduction de 4 % par an

Lorsque le vendeur a été propriétaire pendant six ans au moins, l’impôt est réduit de 4 % par année entière de propriété dès la sixième année (art. 52 al. 1 let. b). Chaque année entière compte : la date d’inscription de votre achat au registre foncier et celle de la vente peuvent faire basculer le calcul d’une année à l’autre.

Vente dans les cinq ans : des taux plus élevés

Pour décourager la spéculation, l’article 52 al. 2 fixe des taux propres aux ventes réalisées dans les cinq ans, de la première à la cinquième année de possession :

Tranche de gain1re année2e3e4e5e
Jusqu’à CHF 50’00019,2 %18 %15,6 %14,4 %13,2 %
De CHF 50’001 à 100’00028,8 %27 %23,4 %21,6 %19,8 %
Dès CHF 100’00138,4 %36 %31,2 %28,8 %26,4 %

Deux précisions de la loi : aucun impôt n’est perçu s’il est inférieur à CHF 100 (art. 52 al. 7), et le passage d’un immeuble de la fortune commerciale à la fortune privée interrompt la durée de propriété (art. 52 al. 4).

Le canton et la commune

Il n’y a pas de second impôt communal à calculer : l’État encaisse l’impôt et verse les deux tiers de la recette nette à la commune où se trouve l’immeuble (art. 52 al. 6).

Report d’imposition : succession, donation, divorce et remploi

Certaines aliénations ne déclenchent pas l’impôt tout de suite : l’imposition est différée (art. 46 al. 1). C’est notamment le cas :

  • des transferts par succession, avancement d’hoirie ou donation ;
  • de certains transferts entre époux ;
  • des remaniements parcellaires et des expropriations ;
  • de la vente de l’habitation (maison ou appartement) qui a servi durablement et exclusivement à votre propre usage, si le produit est affecté, dans un délai approprié, à l’acquisition ou à la construction en Suisse d’un logement servant au même usage (art. 46 al. 1 let. e).

Le gain n’est pas effacé : en cas de remploi, il est déduit des dépenses d’investissement du nouveau logement (art. 48 al. 3) et sera rattrapé lors d’une vente ultérieure sans remploi. Lorsque vous vendez un bien reçu par succession ou donation, c’est la dernière aliénation imposable qui sert à déterminer le prix d’acquisition (art. 48 al. 2), et la durée de propriété se calcule depuis ce moment-là (art. 52 al. 3). Un chalet hérité de vos parents peut donc bénéficier d’une longue durée de possession.

Le texte ne fixe pas de délai chiffré pour le remploi : il parle d’un « délai approprié ». Si vous vendez pour racheter, renseignez-vous auprès du Service cantonal des contributions avant de signer. Nous y reviendrons dans un article dédié au report d’imposition.

Comment payer moins, légalement

  • Rassemblez vos factures de travaux à plus-value depuis l’achat, avec les preuves de paiement, et classez-les poste par poste.
  • Vérifiez les dates d’inscription au registre foncier : une année entière de plus peut réduire l’impôt, surtout entre la cinquième et la sixième année.
  • Gardez vos frais de vente (frais d’aliénation) : ils font partie des impenses admises.
  • Étudiez le remploi si vous rachetez un logement principal en Suisse.
  • Calculez votre net avant de fixer votre prix plancher : vendre sans agence évite la commission, mais un prix de vente plus élevé augmente aussi le gain imposable. C’est le montant qui vous reste qui compte. Pour l’ensemble des frais, voir notre article qui paie quoi lors d’une vente, et pour comparer avec vos voisins, l’impôt sur le gain immobilier à Genève et Vaud.

En résumé

En Valais, l’impôt sur les gains immobiliers frappe la plus-value réalisée par le vendeur sur un immeuble de sa fortune privée. Le barème de base est de 12 %, 18 % et 24 % selon la tranche de gain, plus lourd pendant les cinq premières années, réduit de 4 % par année entière dès la sixième, puis limité à 1 %, 2 % et 3 % au-delà de 25 ans de propriété. Les travaux d’amélioration durable et les frais d’achat et de vente réduisent le gain ; la vente de votre logement suivie d’un rachat peut différer l’impôt. Pour un montant précis, le Service cantonal des contributions reste la référence.

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